Les listes citoyennes, une tentative pour réenchanter la politique |
Plus de 450 listes participatives sont en lice pour les municipales de mars. Ces démarches, visant à réconcilier les habitants avec la politique, se professionnalisent. Le succès est au rendez-vous. Les écueils aussi.
Les 15 et 22 mars prochains, les 34 875 communes françaises éliront leur nouvelle équipe municipale. Parmi les candidates, 450 listes participatives étaient recensées mi-décembre par la coopérative Fréquence commune, qui les épaule dans leur ambition d’un renouvellement démocratique local à travers une participation plus directe de la population aux décisions structurantes de la commune.
La précédente échéance, en 2020, avait vu la percée des listes participatives, y compris dans les grandes villes…
Les 15 et 22 mars prochains, les 34 875 communes françaises éliront leur nouvelle équipe municipale. Parmi les candidates, 450 listes participatives étaient recensées mi-décembre par la coopérative Fréquence commune, qui les épaule dans leur ambition d’un renouvellement démocratique local à travers une participation plus directe de la population aux décisions structurantes de la commune.
La précédente échéance, en 2020, avait vu la percée des listes participatives, y compris dans les grandes villes. En tout, 66 listes se revendiquant de cette démarche avaient été élues, sur les quelque 400 candidates. Contre une dizaine en 2014, dont celle élue à Saillans (Drôme). En réalité, il est difficile de les dénombrer tant la catégorie est plastique, comme le signalait une équipe de chercheurs en 20231. Les listes s’autoproclament participatives ou citoyennes.
« Cette année, l’enjeu est de changer d’échelle », explique Thomas Simon, de Fréquence commune, qui est lui-même tête de liste à Grenoble : avec plus de candidatures, et en s’installant dans les intercommunalités. Enjeu important alors que l’extrême droite est en forte progression. Les listes participatives peuvent-elles être des digues ? Sont-elles en mesure de réconcilier les habitants avec la politique ? Quel bilan tirer de la mandature qui s’achève ?
En 2020, la moitié des listes ont émergé à la suite d’une mobilisation contre un projet d’aménagement local contesté. Autre motivation : la volonté de rupture avec une gestion autoritaire et opaque. A cela s’ajoute l’envie de faire revivre un lieu – centre de vacances, bâtiment désaffecté où monter un café associatif, etc.
« Il y a souvent une désillusion par rapport à la politique nationale qui amène à chercher du sens dans un engagement local, récapitule Nicolas Rio, consultant et coauteur du livre Pour en finir avec la démocratie participative (Textuel, 2024). Mais la spécificité de ces listes est de mettre la coopération au cœur de leur mode de fonctionnement. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est déterminant lorsqu’on sait à quel point la vie politique municipale est enfermée dans des querelles de........© Alternatives Économiques