Comment la droite et l’extrême droite déconstruisent la législation environnementale européenne
L’acquis environnemental du Pacte vert est la cible d’une vague de dérégulation, au nom de la compétitivité des entreprises. Les objectifs de décarbonation, que l’on pensait à l’abri, sont aussi affaiblis.
Le 16 décembre 2025, à Strasbourg, les défenseurs de l’environnement, les syndicats, les députés européens qui s’accrochaient encore à l’idée d’un « cordon sanitaire » contre l’extrême droite, sont sous le choc. Pour la première fois, les élus du Parti populaire européen (PPE, droite), ont voté avec les groupes d’extrême droite en faveur de la loi de « simplification » conçue pour démanteler deux textes du « pacte vert », Green Deal en anglais, adoptés lors de la précédente législature…
Le 16 décembre 2025, à Strasbourg, les défenseurs de l’environnement, les syndicats, les députés européens qui s’accrochaient encore à l’idée d’un « cordon sanitaire » contre l’extrême droite, sont sous le choc. Pour la première fois, les élus du Parti populaire européen (PPE, droite), ont voté avec les groupes d’extrême droite en faveur de la loi de « simplification » conçue pour démanteler deux textes du « pacte vert », Green Deal en anglais, adoptés lors de la précédente législature.
Cette loi, dite « omnibus » en jargon européen, a été proposée par la Commission au nom de la compétitivité des entreprises. A l’issue du vote, les règles sur le rapportage « extra-financier » des entreprises ne concerneront plus qu’une poignée de multinationales. Et celles sur le « devoir de vigilance », dont l’ambition était la prévention dans les chaînes de production mondialisées des violations des droits humains et environnementaux, en sortent réduites à leur portion congrue.
Le lendemain, 17 décembre, c’est un autre texte emblématique du Pacte vert qui faisait les frais de cette alliance entre la droite et l’extrême droite. La loi contre la déforestation, qui suscite l’ire de plusieurs gouvernements étrangers, dont celui des Etats-Unis, était encore reportée d’un an, ouvrant la porte à des affaiblissements substantiels attendus en 2026.
Le Green Deal était l’étendard de l’exécutif, mais il est vite devenu un épouvantail pour l’ensemble des extrêmes droites
Le vent a tourné pour le Green Deal. Ses dizaines de lois, proposées en 2021 par la précédente Commission européenne et votées jusqu’en 2024, visaient à la fois la « neutralité carbone » en 2050, la baisse des émissions de gaz à effet de serre de 55 % en 2030 (par rapport à 1990), la réduction des pollutions, la restauration de la nature et la protection de la biodiversité. Le Green Deal était l’étendard de l’exécutif, mais il est vite devenu un épouvantail pour une partie des droites européennes et pour l’ensemble des extrêmes droites.
Si la majorité d’Ursula von der Leyen reste officiellement ancrée au centre, dans les faits, « la Commission s’est avérée très perméable aux influences politiques et notamment à la montée en puissance des groupes d’extrême droite, commente Antoine Oger, directeur de l’Institut pour la politique environnementale européenne. On aurait pourtant pu penser que la Commission chercherait à préserver l’héritage de la précédente mandature ». Il........
