Comprendre l’accord commercial entre l’UE et l’Inde en 6 graphiques |
Pour réduire sa dépendance à la Chine et résister à la guerre commerciale de Donald Trump, l’Europe se rapproche de l’Inde, plus ouverte aux accords commerciaux. Quels secteurs en profiteront, et avec quelles contreparties ?
Le 27 janvier, l’Inde et l’Union européenne (UE) ont signé un accord de libre-échange d’ampleur. Tous les détails ne sont pas encore connus, mais on sait d’ores et déjà qu’il permettra « la suppression totale des droits de douane sur 93 % des importations européennes de l’Inde, et sur 92 % des importations indiennes en Europe », a détaillé la Commission européenne. Permettant ainsi la création d’une zone de libre-échange de deux milliards de personnes…
Le 27 janvier, l’Inde et l’Union européenne (UE) ont signé un accord de libre-échange d’ampleur. Tous les détails ne sont pas encore connus, mais on sait d’ores et déjà qu’il permettra « la suppression totale des droits de douane sur 93 % des importations européennes de l’Inde, et sur 92 % des importations indiennes en Europe », a déclaré la Commission européenne. Permettant ainsi la création d’une zone de libre-échange de deux milliards de personnes.
« Les négociations ont démarré en 2007, se sont tenues jusqu’en 2013, avant d’être suspendues pendant dix ans et rouvertes en 2022 », rappelle Sylvia Malinbaum, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri), responsable de la recherche sur l’Inde et l’Asie du Sud.
Alors que les échanges commerciaux entre l’UE et l’Inde progressaient doucement au cours de la décennie 2010, ils ont connu un coup d’accélérateur à partir de cette année-là. Qui correspond à celle où « le monde a pris soudainement conscience de sa dépendance à la Chine », notent Catherine Bros et Daniel Mirza, professeurs d’économie à l’université de Tours.
UE-Inde : une augmentation progressive des échanges de biens, qui s’est accélérée depuis 2022
Après l’accord signé en janvier, l’UE pourrait encore augmenter ses importations de services indiens
Cette prise de conscience a valu pour l’UE – le constat est désormais bien connu – mais également pour l’Inde. New Delhi est en effet « dépendante des importations chinoises pour une large gamme de biens industriels », décrit Sylvia Malinbaum dans une note parue début 2025.
« Par ailleurs, poursuit-elle, le pays est tributaire des technologies chinoises dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, les télécommunications et les semi-conducteurs. » Une dépendance « d’autant plus dangereuse que l’Inde a un différend frontalier avec la Chine, qui donne régulièrement lieu à des affrontements militaires ».
« Par ailleurs, poursuit-elle, le pays est tributaire des technologies chinoises dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, les télécommunications et les semi-conducteurs. » Une dépendance « d’autant plus dangereuse que l’Inde a un différend frontalier avec la Chine, qui donne régulièrement lieu à des affrontements militaires ».
Si l’accord est donc en préparation de longue date, les choses se sont précipitées ces derniers mois. Et ce, en raison de la guerre commerciale menée par Donald Trump, qui a ciblé à la fois l’UE et l’Inde, pénalisée notamment en raison de ses importations de pétrole russe. L’Inde, pour qui l’acier est une industrie stratégique, s’inquiétait également de l’entrée en vigueur en janvier de la taxe carbone aux frontières de l’Europe. Et de la perte, en septembre dernier, de son accès au « système de préférences généralisées » européen.
Ce dispositif permet l’importation à taux réduit ou nul, au sein du marché unique, de marchandises originaires de pays en voie de développement. « L’UE retire les préférences accordées lorsqu’un pays bénéficiaire devient suffisamment compétitif. Ce sont donc les solides performances économiques de l’Inde en matière d’exportation qui ont motivé la décision, et non une quelconque sanction », explique Bernard Aw, chef........