10 graphiques pour comprendre l’agression de Trump au Venezuela |
Derrière l'alibi de la lutte contre le narcotrafic, l'opération militaire des Etats-Unis au Venezuela poursuit des objectifs géopolitiques et économiques… sans garantir qu'ils seront atteints. Tour d'horizon des enjeux.
Depuis bientôt une semaine, Nicolas Maduro et son épouse sont en prison aux Etats-Unis, après avoir été capturés à Caracas. Leur arrestation fait suite à plusieurs mois de pression croissante exercée par Washington sur le Venezuela…
Depuis bientôt une semaine, Nicolas Maduro et son épouse sont en prison aux Etats-Unis, après avoir été capturés à Caracas. Leur arrestation fait suite à plusieurs mois de pression croissante exercée par Washington sur le Venezuela.
Depuis la fin de l’été en effet, les Etats-Unis avaient renforcé leur présence navale dans la mer des Caraïbes, au large du Venezuela et frappé des navires censés transporter de la drogue, faisant plus d’une centaine de morts. Car tel était le motif jusqu’alors invoqué par Donald Trump pour justifier les pressions sur Caracas : la lutte contre le trafic de drogue.
Un argument qui, de l’avis de nombreux experts, ne tenait pas la route. S’agissant par exemple de la cocaïne, le Venezuela est avant tout un lieu de transit, plus que de production et de départ de la drogue, ainsi que le constate le dernier rapport mondial des Nations unies sur les drogues. Les principaux pays de départ étant plutôt sur la face Pacifique du continent, à savoir la Colombie, la Bolivie ou le Pérou.
Par ailleurs, s’agissant du Fentanyl, véritable fléau de santé publique aux Etats-Unis, il répond à « une géopolitique très particulière : des molécules fabriquées en Chine1, qui sont transformées au Mexique. Le Venezuela n’a pas grand-chose à voir là-dedans », estime Olivier Compagnon, historien, professeur à l’université Sorbonne nouvelle, interrogé à ce sujet sur France Culture.
Et bien que le Venezuela de Maduro ait été largement permissif quant au crime organisé, et que son régime compte nombre de militaires ou fonctionnaires impliqués dans le trafic de drogue, il n’existe pas dans le pays de « narco-dictature », « dans le sens où la production et le commerce de cocaïne ferait l’objet d’une politique d’Etat visant à en faire la première ressource de l’Etat et à l’utiliser contre un Etat adversaire », décrit Christophe Ventura, responsable du programme Amérique latine-Caraïbe à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).
Mais Donald Trump avait probablement besoin de cet argumentaire pour convaincre sa base qu’il ne s’engageait pas dans une nouvelle guerre à l’extérieur – de celles qu’il pourfend depuis des années –, mais qu’il réglait ainsi une double problématique de politique intérieure liée à la fois à la drogue et à l’immigration.
Beaucoup de pétrole… peu rentable ?
Une fois Maduro capturé, les véritables motifs de l’intervention états-unienne ont toutefois vite été exposés : c’est le pétrole vénézuélien qui est dans le viseur. Pour rappel, Caracas dispose en effet des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde.
Les réserves de pétrole vénézuéliennes sont sous-exploitées
Réserves de pétrole par pays (en milliards de barils) comparées à leur production quotidienne (en milliers de barils) Source : Opep (organisation des pays exportateurs de pétrole), 2024 Facebook Twitter Embed« Les Vénézuéliens ne produisaient presque rien par rapport à ce qu’ils........© Alternatives Économiques