Solidarité internationale : quand les mots sont vidés de leur sens |
On souhaiterait pouvoir parler d’une solidarité internationale équilibrée, généreuse et désintéressée. On aimerait pouvoir défendre la lutte contre la pauvreté et les inégalités entre nations, où les riches, les biens nantis, tendent véritablement la main aux plus pauvres afin de les accompagner sur le chemin d’un développement durable. On aspirerait à chanter les louanges de politiques de partenariats permettant de coopérer sur un pied d’égalité.
En fait, ce chemin s’avère bien difficile à trouver et à suivre. Il faut dire que la communication et les pratiques de la solidarité internationale, en crise profonde depuis quelques années, ne donnent guère matière à sa défense.
Plutôt que lutter contre la baisse de ses moyens, la solidarité internationale se berce de nouveaux mots, invente de nouveaux concepts, se fixe de nouveaux objectifs, si bien qu’une aide publique en baisse drastique (moins 6 % en 2024, moins 9 % à 18 % en 2025, encore une baisse prévue en 2026 d’après l’OCDE[1]) peut se transformer comme par magie par des flux d’investissements solidaire et durable aux montants globaux impressionnants. Mais comment expliquer un tel désordre ?
Tout d’abord, il conviendrait d’avoir une mesure indiscutable des efforts consentis en........