BIFURCATION SOCIALE ET ECOLOGIQUE - CONTRIBUTION 4 / Penser le futur à part... |
Pour ces rencontres des Économistes atterrés, on m’a demandé ce que signifierait la bifurcation sociale et écologique. On m’a également invité à réfléchir au rôle que peuvent avoir les institutions héritées du capitalisme, comme la monnaie, le marché, dans une perspective de dépassement de sa logique de profit. Voici la structure de mon intervention.
I. Bifurcation ou transition ?
a) Tout d’abord, je voudrais dire quelques mots sur le terme de bifurcation et son proche cousin, celui de la transition. Le terme de transition a été chargé dans les années 2000 d’une force militante. Il désignait un véritable changement de modèle et paraissait plus offensif que le terme de développement durable. Dans certains cercles, il est aujourd’hui abandonné, comme en témoigne l’intitulé de cette journée, au profit d’autres termes comme celui de bifurcation.
b) On peut certes tracer des différences sémantiques entre transition et bifurcation, par exemple en relevant que bifurcation connote une ouverture quant au but final, alors que transition renvoie plus à un passage entre deux états bien définis. Reste que ces différences sont faibles, et que les termes restent très proches. Si l’on préfère bifurcation à transition, c’est il me semble moins pour le contenu sémantique que pour se démarquer de ce que les organisations étatiques (ministère de la transition au premier chef) ont fait de la transition, en reprenant ce terme.
c) Or, le terme de transition est celui qui, aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, et justement du fait de cette “récupération”, cristallise les enjeux politiques et sociaux d’une transformation du capitalisme. Il me paraît donc dommage d’abandonner le terrain, d’une certaine manière, en ne faisant plus usage de ce terme et en n’alimentant plus le débat public autour de ces enjeux.
d) Par ailleurs, il y a de nombreuses réflexions d’inspiration marxiste sur la transition, qui notent dans cette........