L'épargne ? Cherchez l'erreur

Ce qu’il y a de bien, c’est qu’un chroniqueur peut répéter les mêmes choses à un mois ou un an d’intervalle et laisser croire (croire lui-même) à un renouvellement, à une innovation théorique. À l’automne 2025, j’écrivais un court texte « Affecter l’épargne a-t-il un sens ? »[1] au moment où la plupart des commentateurs s’insurgeaient contre l’état des finances publiques et s’inquiétaient de la capacité à financer les investissements de transition écologique, énergétique ou numérique. Je rappelais de façon simple que dans une économie monétaire comme le capitalisme, ce n’étaient pas les épargnants qui prenaient la décision d’investir, ni procédaient au choix des investissements. Je démentais les affirmations d’un des plus renommés économistes chroniquant régulièrement dans plusieurs journaux, Patrick Artus, qui réclamait un « mouvement de civisme des épargnants » français pour qu’ils affectent leurs investissements à « la modernisation de l’économie européenne »[2]. Cette idée n’a aucun sens parce que le stock d’épargne est déjà déposé et mobilisé au sein  des institutions financières.

Cette question illustre parfaitement la cacophoéconomie qui règne au sein de la vision dominante de l’économie. Notre chroniqueur le plus illustre, Patrick Artus, revient un an après sur le même thème dans sa chronique du Monde des 1er et 2........

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