La législature communale n’est pas encore vieille de 18 mois que le Parti socialiste et indépendant de Payerne (PSIP) doit déjà renouveler le tiers de ses candidats assermentés en juin 2021. Sur 25 fauteuils décrochés, huit ont déjà quitté leur poste. À ce rythme, le parti pourrait avoir changé tous ses élus d’ici aux prochaines élections, prévues en 2026.

Pourquoi une telle hémorragie? Une liste très jeune, soit autant de candidats pas encore forcément installés professionnellement, répond Nicolas Schmid, président du PSIP. Ayant saisi des opportunités qui les ont conduits sous d’autres cieux, voilà les élus contraints à la démission, explique le jeune (32 ans) municipal payernois. Les voyages forment la jeunesse, dit l’adage.

«Si cette instabilité fait grincer quelques dents au sein du Conseil communal, force est de constater que la gauche payernoise n’est pas la seule à affronter des renoncements prématurés.»

Si cette instabilité fait grincer quelques dents au sein du Conseil communal, force est de constater que la gauche payernoise n’est pas la seule à affronter des renoncements prématurés. Dimanche, pas moins de treize élections complémentaires étaient organisées dans les Municipalités du canton de Vaud, alors que d’autres ont été complétées tacitement. Et une vingtaine de scrutins sont déjà prévus début 2023.

Difficulté à concilier vie privée et mandat public, complexité du travail, manque de reconnaissance de l’engagement, autonomie en baisse à cause des associations intercommunales, désintérêt global de la population pour la politique ou encore manque de soutien des services cantonaux et exposition personnelle accrue sont autant de raisons invoquées par les élus pour quitter leur mandat. Il conviendrait donc d’y ajouter les risques liés à la jeunesse.

«Si le renouvellement peut faire du bien aux autorités, un trop grand roulement est souvent assimilé à une instabilité.»

Cette jeunesse a pourtant été plébiscitée par l’électorat au moment de choisir ses représentants. Certes, le PSIP parvient à remplacer ses partants. Ailleurs dans le canton, les candidatures multiples aux complémentaires démontrent aussi que les citoyens sont encore prêts à s’investir pour la chose publique.

Mais si la durée de la législature a été portée à cinq ans, c’est parce que les réalisations politiques prennent du temps. Jeunes et routiniers feraient bien de s’en souvenir au moment de s’engager. Car si le renouvellement peut faire du bien aux autorités, un trop grand roulement est souvent assimilé à une instabilité de l’extérieur. Et le peuple a justement besoin de stabilité pour son avenir.

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QOSHE - Jeunesse et politique ne font pas toujours bon ménage - Sébastien Galliker
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Jeunesse et politique ne font pas toujours bon ménage

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28.11.2022

La législature communale n’est pas encore vieille de 18 mois que le Parti socialiste et indépendant de Payerne (PSIP) doit déjà renouveler le tiers de ses candidats assermentés en juin 2021. Sur 25 fauteuils décrochés, huit ont déjà quitté leur poste. À ce rythme, le parti pourrait avoir changé tous ses élus d’ici aux prochaines élections, prévues en 2026.

Pourquoi une telle hémorragie? Une liste très jeune, soit autant de candidats pas encore forcément installés professionnellement, répond Nicolas Schmid, président du PSIP. Ayant saisi des opportunités qui les ont conduits sous d’autres cieux, voilà les élus contraints à la démission, explique le jeune (32 ans)........

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