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La reconnaissance visuelle à l'assaut de l'industrie

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22.01.2019

La machine ressemble à une grosse araignée enfermée dans une cage de verre. A ses pieds, un tapis roulant fait défiler des déchets plastiques. Chaque fois qu'elle en voit un qui n'est pas transparent, sa bouche s'abat sur le détritus, le saisit par succion et va l'évacuer dans une sortie sur les côtés. La bête s'appelle « Max-AI », et son rôle est d'écarter les plastiques opaques, non recyclables, dans une usine de tri. Veolia en a acquis deux à l'automne, pour son centre d'Amiens et celui de Nantes. L'entreprise a collaboré pendant six mois avec BHS, le fabricant, afin d'adapter le logiciel de reconnaissance visuelle aux déchets européens. Un outil informatique élaboré grâce à la technologie d'intelligence artificielle (IA) dite en « réseaux de neurones artificiels ».

Le grand public pourra peut-être bientôt en voir une autre application à la cantine de son entreprise, puisque deux start-up françaises se sont lancées dans la reconnaissance des plateaux au moment du passage en caisse : Deepomatic et sicara. Elles ont toutes les deux dévoilé leur solution cet automne. Pour le système développé par Sicara et commercialisé par Pi Electronique, il s'agit d'une borne équipée de trois appareils photo. « Il faut qu'il y ait deux résultats identiques au moins pour facturer », explique Benoît Limare, cofondateur de Sicara, qui revendique un taux de confiance de l'ordre de 95 %.

Si un plat n'est pas reconnu, charge au client de compléter l'addition. Ces bornes seront prochainement testées dans un restaurant parisien - la banane semble encore poser problème, car « elle n'est jamais disposée de la même façon sur le plateau ; avec ou sans assiette, sur le côté, le bas, le haut. » Mais quand le système fonctionne, il est si rapide que l'opération paraît instantanée.

Les réseaux de neurones artificiels, la reconnaissance d'image et le retour en grâce de l'IA ces dernières années sont intimement liés. Et cela en partie grâce à celui que l'on surnomme le « parrain de l'IA » : le chercheur d'origine........

© Les Echos