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Mondial 2018 : la France telle qu'elle devrait être

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16.07.2018

« Corneille peint les hommes tels qu'ils devraient être. Racine les peint tels qu'ils sont », écrivait La Bruyère. Pour un Européen et plus encore, pour un Français, le Mondial 2018 était très clairement du côté de Corneille.

Une sorte de contre-réalité, sinon de parenthèse enchantée, dominée par la confiance en soi, l'altruisme, l'ouverture au monde et à l'autre. Comme si le supporter dans son enthousiasme oubliait les réflexes de défiance et de rejet qui le porte dans le quotidien vers le repli sur soi et le populisme.

Sur un plan géographique et au-delà géopolitique, les quatre demi-finalistes venaient tous du Vieux Continent. On peut railler l'Europe, dénoncer sa faiblesse, évoquer sa décadence. Mais en football, le sport roi en termes d'émotion populaire, celui qui concentre sur lui le plus d'attention universelle, l'Europe est encore « Reine ». Le continent africain reste le futur, l'Amérique Latine devient presque le passé. Ce n'est plus le petit Uruguay qui se retrouve en finale comme en 1930 et 1950 (pour l'emporter à chaque fois) mais le petit dernier de l'Union Européenne, la valeureuse Croatie.

Les deux plus grandes puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine, brillaient par leur absence. Le rêve de Kissinger l'Européen de faire des Etats-Unis une grande puissance en matière de football peine à se réaliser, celui de Xi Jinping n'en est qu'à ses premiers balbutiements - en dépit........

© Les Echos