We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close
Aa Aa Aa
- A +

Les populistes divisés face à la Silicon Valley

3 11 2
18.01.2019

Si le mouvement populiste de droite qui émerge partout dans le monde a beaucoup de choses à se reprocher, l’incohérence idéologique dans la désignation de ses ennemis n’en fait généralement pas partie. Que ce soit Steve Bannon dénigrant le pape François, Matteo Salvini s’en prenant aux « bonnes âmes » des ONG humanitaires ou Marine Le Pen fulminant contre les mornes technocrates de Bruxelles, les populistes visent des cibles prévisibles qu’ils choisissent mieux que quiconque.

Subsiste néanmoins une pierre d’achoppement entre les populistes de droite américains et leurs homologues dans le reste du monde : que penser de la Silicon Valley ? D’une part, ses services et plate-formes représentent une aubaine pour les populistes de tous les pays, qui peuvent ainsi élargir leur audience et envoyer aux électeurs potentiels des messages hautement personnalisés, comme l’a démontré le fiasco Cambridge Analytica. Aujourd’hui, les tout nouveaux partis de droite comprennent l’importance des batailles numériques ; c’est notamment le cas du parti espagnol Vox, qui a déjà attiré plus d’abonnés sur Instagram que tous les autres partis espagnols.

Le consensus populiste ne va pas au-delà de cette attitude pragmatique vis-à-vis des plate-formes. En effet, l’examen intellectuel de ce que signifie la Silicon Valley pour les populistes s’avère assez cacophonique. Sa branche américaine perçoit les géants de la technologie comme une cible d’attaque intéressante, car la Silicon Valley représente à leurs yeux un savant mélange de capitalistes avides et de « marxistes culturels », enclins à inculquer à leurs utilisateurs des idées gauchistes tout en s’en mettant plein les poches grâce aux données personnelles. Dans le reste du monde, en revanche, les populistes voient les plate-formes comme le meilleur moyen d’échapper à l’hégémonie........

© Le Monde Diplo Blog