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D'où vient ce revenu universel qui divise les candidats à la primaire de la gauche

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12.01.2017

ÉCONOMIE - Depuis quelques mois, une théorie économique radicale a le vent en poupe. A tel point qu'une bonne partie des candidats à la primaire de la gauche, et même à l'élection présidentielle, se sont positionnés sur le sujet.

De quoi s'agit-il? Du revenu universel, aussi appelé revenu de base. C'est l'idée radicale que certains voient comme la seule solution face à l'inévitable (notamment à cause de la robotisation) chômage de masse qui ne cesse de grimper.

Attention, on ne parle pas ici d'un classique Smic ou RSA, mais d'une allocation qui serait versée à tout individu sans aucune condition, à part celle d'exister. Travailleur ou chômeur, jeune ou moins jeune, riche ou pauvre, le revenu universel l'est, justement. Enfin, dans sa définition originale, car depuis qu'il s'est invité dans le débat politique, ce concept a été modifié, précisé, élagué à l'envi.

Certes, l'idée peut vous sembler (très) utopique. A vrai dire, vous faites bien, car, comme le rappelle Brief.me, le premier à avoir théorisé cette solution à la pauvreté, Thomas More, au XVIe siècle, l'a fait dans un livre intitulé... Utopia. C'est dire si l'idée n'est pas nouvelle.

De la Finlande à la Silicon Valley

Pourtant, elle revient au goût du jour ces dernières années. A tel point que le Conseil national du numérique a proposé au gouvernement d'étudier cette piste, dans un rapport sur l'économie à l'ère du numérique. Le candidat à la primaire de la gauche Benoît Hamon défend également, à terme, un véritable revenu universel pour tous, sans conditions, de même que Jean-Luc Bennahmias.

Les recherches google liées à ce sujet montrent bien un regain d'intérêt:

Et la vague n'est pas que française, loin de là. En 2013, le prix Nobel d'économie Paul Krugman se prononçait en faveur d'un revenu de base. La Finlande a commencé cette année à tester un revenu universel à l'échelle du pays, sur 2000 personnes. Au Pays-Bas, la ville d'Utretch envisage elle-aussi de tester le revenu de base. Enfin, la Silicon Valley s'est elle aussi prise d'amour pour le revenu universel.

La peur du robot

Mais pourquoi une idée pas si neuve (et même testée dans les années 60, voir plus bas) a-t-elle le vent en poupe? L'une des réponses est à chercher du côté des nouvelles technologies, ce qui explique également pourquoi les pontes de la high-tech y croient également. Selon le Forum économique mondial, 5 millions d'emplois seront détruits dans le monde d'ici à 2020. La faute, notamment, à l'automatisation. Un cabinet d'étude évoquait de son côté 3 millions de postes supprimés d'ici 2025 rien que pour la France.

Les plus optimistes ou pragmatiques rétorquent que la destruction créatrice en économie existe depuis la première révolution industrielle et les révoltes des luddites contre les métiers à tisser. Mais cette fois-ci, les robots et l'intelligence artificielle ne touchent pas que les métiers peu qualifiés, mais aussi les fameuses professions intermédiaires (plus d'informations sur ce sujet ici). Bref, la classe moyenne.

Et derrière ce possible chômage de masse à venir, la croissance, elle, continuera de croître. Alors plutôt que de s'opposer à la révolution technique à venir, les partisans du revenu universel se disent que si la machine finit, à terme, par remplacer l'homme au travail, il serait peut-être temps de faire taire.....