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Privatisation d'Aéroports de Paris  : une occasion manquée  ?

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12.09.2017

La France impécunieuse doit vendre quelques pépites industrielles pour se désendetter et tenir l'objectif d'un déficit inférieur à 3%, objectif ambitieux vu les ardoises laissées par les équipes précédentes, comme par exemple l'obligation de recapitaliser toute la filière nucléaire après les déboires d'Areva et EDF. La vente de sa participation dans Aéroports de Paris (ADP) apporterait ainsi plusieurs milliards à l'état, et serait une opération d'autant plus simple à justifier que depuis des années les aéroports ne sont plus considérés par Bruxelles comme des infrastructures de service public et font au contraire partie du secteur marchand : Quand l'état français a mis en vente partielle ADP en 2006, il a prudemment décidé de se limiter à ne pas céder la majorité des titres.

En préalable à la vente des 51% restants il faudra une loi permettant de franchir le seuil des 50%, ce qui ne devrait pas poser de problème particulier : bien sûr il y aura de la gesticulation politique, mais on a vu dans le cas des privatisations récentes (Toulouse, puis Nice et Lyon) qu'hormis quelques associations de riverains, peu monteront en première ligne pour s'opposer.

Comme il a été abondamment démontré par ADP (et le cas de ADP n'est en rien une exception française) la privatisation partielle de ce monopole naturel a eu pour corollaire une forte augmentation des redevances, ce qui est bien compréhensible puisqu'un actionnaire privé attend de son investissement un rendement bien supérieur au taux d'actualisation que l'investisseur public applique aux investissements dans les grands projets d'infrastructure ; ceci se traduit mécaniquement par une augmentation des redevances.

Certes on attend de l'entreprise privée une efficacité supérieure à celle de l'entreprise publique et donc des gains de productivité qui se traduiraient........

© La Tribune