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« In Situ » lie l’art contemporain au patrimoine

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12.07.2018

En Occitanie, la 7e édition de l’exposition « In Situ » défie l’art contemporain en le plaçant dans douze sites classés à l’inventaire des monuments historiques. Avec ou sans contraste.

L’œuvre Clous de Yazid Oulab trône au cœur de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert. / Olivier Gaulon

Elles bouleversent autant qu’elles embellissent parfois. Les œuvres contemporaines de l’exposition « In Situ » s’insèrent, un peu par effraction, dans le creux du patrimoine historique et religieux. À flanc de monument ou à l’ombre de pierres centenaires, leur présence intrigue par l’environnement dans lequel elles sont posées, révélant des liens inattendus.

« Un dialogue se crée entre l’histoire et l’art contemporain. Parfois, l’œuvre et le site se conjuguent sans contraste. D’autres existent dans l’opposition et génèrent des réactions », souligne Marie-Caroline Allaire-Matte, commissaire d’exposition.

« In Situ », la beauté de l’art en situation

En 2012, année de la première édition, trois sites avaient accueilli le travail de trois artistes. Depuis, le nombre de sites s’est multiplié et s’est élargi au périmètre de la nouvelle région. Ainsi, pour cette édition 2018 étendue sur cinq départements de l’Occitanie, 12 sites classés à l’inventaire des monuments historiques abritent des œuvres d’art contemporain. L’an dernier, l’exposition, coordonnée par l’association Le Passe Muraille, a attiré près de 750 000 visiteurs.

Que le site soit gigantesque ou plus intime, « il n’y a jamais de lien de subordination entre le lieu et l’artiste, prévient Marie-Caroline Allaire-Matte. Libre à l’artiste d’habiter le patrimoine comme il l’entend ». À Carcassonne (Aude), capitale de cette exposition, l’œuvre de Felice Varini, Cercles concentriques excentriques, est aussi monumentale que la cité. Invisibles depuis l’entrée principale empruntée par une majorité de touristes, les cercles jaunes surgissent au ras des pierres, surplombant la ville basse.

«Chaque lieu, chaque espace, chaque objet possède sa propre mesure, sa réalité, raconte Felice Varini. J’insinue mes œuvres dans un quotidien, dans une architecture. Mon jeu est de me confronter à toutes sortes de réalités. L’œuvre et le lieu s’enrichissent l’un l’autre et donnent une symphonie qui n’existait pas.»

Éclosion artistique au couvent Levat

Non sans engendrer de vives réactions chez les visiteurs ou les habitants, chaque œuvre répond à son écrin, et réciproquement. À Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault), dans l’antre de l’abbaye de Gellone, un autre dialogue, plus spirituel, se noue. Alors que la chapelle avait accueilli des œuvres, assez incisives, lors de précédentes éditions, l’artiste Yazid Oulab a choisi le cadre plus sage du cloître et du musée de l’abbaye pour placer les siennes.

Quatre longs clous sont étendus à même le sol,........

© La Croix