We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close
Aa Aa Aa
- A +

En Grèce, une relation historique entre l’État et l’Église

2 0 0
09.11.2018

Le gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras a annoncé des mesures pour assurer l’autonomie financière de l’Église grecque, dont le clergé fonctionnaire est rémunéré par l’État. Des liens profonds, qui selon Alexis Chryssostalis, byzantiniste au Collège de France, datent de la constitution même de l’État grec au XIXe siècle.

Un prêtre grec orthodoxe dans la cathédrale métropolitaine d’Athènes, en novembre 2018. / Angelos Tzortzinis/AFP

La Croix  : Quelle est l’origine de cette proximité entre l’Église et l’État en Grèce ?

Alexis Chryssostalis : Pendant la période de domination ottomane du XVe au XIXe siècle, l’Église orthodoxe grecque était la seule institution grecque reconnue par les autorités ottomanes. Ainsi, bien que contrôlée par les Ottomans, l’Église a été l’institution qui a assuré une certaine permanence de l’identité grecque au travers les âges.

Cela en préservant la tradition byzantine, mais aussi la langue grecque, qui était enseignée aux enfants de manière clandestine dans les églises. Les prélats ont souvent été à l’avant-garde de mouvements de résistance contre les Ottomans, et beaucoup d’ecclésiastiques ont combattu pendant la guerre qui a abouti à l’indépendance de 1833.

Comment se structurent les liens entre l’Église et l’État grec nouvellement indépendant ?

A.C. : L’année de l’indépendance, l’Église de Grèce s’émancipe du Patriarcat de Constantinople en proclamant son autocéphalie (reconnue en 1850), pour qu’il n’y ait pas de relations de subordination avec un pouvoir ecclésiastique encore situé à Istanbul, chez l’ennemi ottoman.

À l’époque, l’Église joue un rôle social et spirituel considérable, et le jeune Roi des Grecs comprend qu’il ne peut pas gouverner sans la contrôler.........

© La Croix