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Transport routier, une profession en mal d’image

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12.01.2019

Le transport routier de marchandises a connu de profondes mutations ces dernières années, notamment en raison de la concurrence d’entreprises de l’Europe de l’Est. Le secteur dit souffrir d’une méconnaissance du public qui explique en partie les difficultés de recrutement.

Un routier au volant de son camion, sur le parking de L'Escale près de Châteauroux. / Robin Jafflin pour La Croix

« L’année aurait pu être bonne pour le secteur, elle ne le sera pas », regrette Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération des transports routiers (FNTR). Selon cette dernière, les quelques semaines d’actions liées au mouvement des « gilets jaunes » auront suffi pour altérer les résultats de 2018 pour ce secteur où la marge n’est que de 1 à 1,5 % en moyenne.

Un obstacle de plus pour une branche très fragile mais que la responsable de la FNTR reconnaît elle-même comme « résiliente ». Même la crise économique de 2008 n’aurait pas entraîné, comme dans d’autres secteurs, une sortie de route en matières d’effectifs. «Entre 2008 et 2016, l’emploi est resté à un niveau relativement stable », dit-elle.

Le transport routier de marchandises n’en a pas moins subi de profondes mutations. D’abord une perte de parts de marché sur les transports internationaux – concurrence des entreprises des pays de l’Est oblige. Il y a vingt ans, les routiers français faisaient en moyenne la moitié de leur activité avec des transports internationaux contre moins de 8 % aujourd’hui selon la FNTR.

Finis, du moins en très grande partie, ces déplacements qui éloignaient les conducteurs de leur domicile pendant de longues périodes. Désormais, la distance moyenne de transport serait d’environ 130 kilomètres. Même l’activité franco-française a été attaquée grâce à ce qu’on appelle la pratique du cabotage qui permet à des conducteurs étrangers de réaliser un certain nombre de courses après leur arrivée en France pour une livraison internationale.

Le 3 décembre dernier, les ministres du transport des états membres de l’Union européenne ont réussi à trouver un compromis qui renforce le caractère de travailleur détaché d’un conducteur dans un pays étranger et cadre les limites........

© La Croix