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En Autriche, un ministre de l’intérieur d’extrême droite bien encombrant

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12.07.2018

Alors que Vienne a pris pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne, le ministre de l’intérieur d’extrême droite Herbert Kickl réunit ses homologues à Innsbruck jeudi 12 juillet, sur la gestion migratoire.

L’ancienne plume de Jorg Haider enchaîne les scandales à son poste. Sa dernière proposition : proscrire les demandes d’asile dans l’UE. Une mesure impensable en regard du droit international.

Le ministre autrichien de l'Intérieur Herbert Kickl assiste à une conférence de presse à Vienne le 3 juillet 2018. Il réunit ses homologues à Innsbruck ce jeudi 12 juillet. / Georg Hochmuth/AFP

L’homme devient encombrant pour le jeune chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz qui, dans son alliance avec l’extrême droite, ne veut pas trop s’exposer à la vindicte internationale. Son ministre de l’intérieur Herbert Kickl, pilier du parti FPÖ, fondé par des nazis, va de bourdes en scandales, alors qu’il doit présider ce jeudi 12 juillet dans la capitale du Tyrol, Innsbruck, une réunion avec ses homologues européens, sur le dossier migratoire. Sa dernière proposition en date : proscrire les demandes d’asile dans l’Union européenne.

L’extrême droite entre en force dans le gouvernement autrichien

Selon lui, toute autre solution « inciterait les passeurs à dire : je prends votre argent pour vous emmener dans l’Union européenne, parce que vous avez la garantie de pouvoir y faire une demande d’asile avec la probabilité très, très faible d’être renvoyé ». Cette proposition, en effet, est en contravention notamment avec la Convention de Genève, pour laquelle « toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ».

Vienne est prête s’il le faut à fermer le col du Brenner qui sépare l’Autriche de l’Italie, et de déployer l’armée à la frontière Slovène, et même jusqu’en Afrique. À Innsbruck, Herbert Kickl devrait proposer d’externaliser au maximum la gestion migratoire.

Le ministre de l’intérieur va en outre proposer des « centres de retour » dans les pays extérieurs à l’UE qui voudront bien les mettre en place, après avoir, quelques semaines auparavant, émis le souhait de gérer les demandeurs d’asile « de manière concentrée », allusion douteuse aux camps nazis dénoncée dans les rangs des conservateurs.

Un document préparatoire interne, qui a fuité dans la presse autrichienne, estime que parmi les demandeurs d’asile « beaucoup sont tout particulièrement sensibles aux idéologies hostiles à la........

© La Croix