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La facture salée de l’eau

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22.01.2019

de Dominique Lang, journaliste

Deux milliards de personnes connaissent un manque d’eau potable. / MRJN / Unsplash / CC

L’eau douce est une ressource infiniment précieuse sur notre petite planète bleue. Sous sa forme liquide et disponible, elle ne représente pourtant que 1 % de toutes les eaux de la planète. Soit l’équivalent d’une sphère d’environ 56,2 km de diamètre, à comparer à celle de notre planète qui en fait 12 700 km. Avec la croissance démographique en cours, on estime à près de 2 milliards de personnes qui manquent régulièrement d’accès à des sources d’eau potable. Le défi humanitaire pour l’avenir est donc colossal.

Une étude scientifique récente soutenue par les Nations unies (1) apporte un éclairage original sur la question. Réalisant un état des lieux des usines de dessalement qui se sont multipliées à travers le monde ces dernières années pour le relever, l’enquête a voulu savoir ce qu’il en coûtait vraiment de produire cette précieuse eau potable à partir des eaux salées océaniques.

Les usines de dessalement produisent plus de saumure que d’eau douce

On estime actuellement à environ 16 000 le nombre d’usines de ce genre, dont les plus grandes sont concentrées essentiellement au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est. Ces installations traitent en tout près de 95 millions de mètres cubes par jour, grâce à des techniques de dessalinisation souvent coûteuses en énergies fossiles, ou parfois plus intégrées en utilisant des sources d’énergie solaire ou des membranes sélectives.

Mais reste un défi important à relever : pour chaque litre d’eau potable produite à grands coûts, en effet, ces installations produisent en même temps, en moyenne, 1,5 litre d’eaux saumâtres. Soit, au total, près de 142 millions de mètres cubes d’eau hypersalée chaque jour. Bien plus que ce qu’avaient estimé des études ­préalables. À titre d’exemple, en une année, ce volume d’eau permettrait de recouvrir toute la Floride sous une couche de 30 cm de saumure.

Or, quel est le devenir de ces........

© La Croix